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Histoire

Albert Benjamin SIMPSON (1843-1919)

 

 

La C.M.A. (Christian and Missionary Alliance) est une société missionnaire dont le fondateur est Albert Benjamin SIMPSON (1843-1919), un pasteur presbytérien canadien d’origine écossaise. En 1881, il se retira de l’Eglise presbytérienne pour fonder The Gospel Tabernacle avec une école de formation missionnaire à Nyack dont les diplômés seront envoyés au Congo belge (novembre 1884 et 1888), en Inde (1887 et 1888), en Chine (1888), au Japon (1889 et 1891), en Palestine (1889 et 1890), en Sierra Leone (1890). A la convention d’Old Orchard (30 juillet au 9 août 1887), il mit en place deux organisations : l’Alliance Chrétienne et l’Alliance Mission Evangélique[1]. En 1919, la C.M.A. s’est installée d’abord en Guinée française puis au Soudan français et en Haute Volta en 1923.

L’exploration de la Côte d’Ivoire et l’installation à Bouaké

La Côte d’Ivoire a été visitée au moins deux fois par le directeur de la C.M.A. en A.O.F., le pasteur Robert Roseberry (1883-1976), avant l’installation en 1930. Sa première visite eut lieu au mois de juin 1925 : il menait une enquête sur le mouvement Harris en compagnie du pasteur Jean-Paul Cook-Jalabert (1861-1938). La deuxième visite est la grande expédition missionnaire qui dura du 30 octobre au 25 décembre 1929[1].

Cela était clair que notre seul recours serait de commencer l’œuvre dans la région inoccupée aux frontières du mouvement(harris). Le pays baoulé, avec ses deux cent mille habitants , et le pays gouro, comptant deux cent cinquante mille habitants, étaient jusque-là encore inoccupés, et aucune société n’avait projeté d’évangéliser ces régions qui avaient été sans aucun doute touchées par le mouvement de masse. Voici un champ de mission qui à présent pourrait absorber toute les forces de notre société. En concentrant nos efforts à un, ou au moins deux langages, nous pourrions accomplir cette tâche qui autrement serait impossible sans une grande masse de serviteurs.

En 1930, la famille du missionnaire George Powell (1898-1955) est désignée par la C.M.A. pour commencer une œuvre en Côte d’Ivoire[1]. Il existait à Bouaké déjà une cellule de protestants anglophones[2]. Parmi les pionniers, on peut citer en premier lieu le Sierra léonais Julius Roch[3]. Il y avait aussi M. Albert N’zo qui parlait la langue abbey et M. Marcel Koffi Dan qui était originaire d’Anyansoué en pays agni. Nous avons pu trouver une description des activités qui se déroulaient dans le temple de Bouaké[4] :

Les cultes se tiennent régulièrement, deux les dimanches et deux pendant la semaine, les mercredis et vendredis soirs. Nous tenons nos cultes du soir à 17 h 30. Plusieurs fois, nous avons trouvé nécessaire de prêcher deux fois dans un service, à cause de la diversité de langues. En premier lieu nous avons un service en Baoulé, en prêchant en Français avec un interprète, puis en « Dioula », la langue commerciale, à l’endroit de ceux qui ne comprennent pas le Baoulé. Souvent, nous finissons avec l’Anglais pour ceux qui ne parlent ni le Français ni le Baoulé.

La C.M.A. ayant été autorisée « par décision n° 2023 B.P. du 7 août 1932 »[1], va pouvoir exercer de façon plus officielle en pays baoulé.

L’œuvre missionnaire en pays baoulé (1932-1955)

L’immensité de la tâche qui commence avec une deuxième station missionnaire à M’bahiakro en 1932 nécessitait un plus grand nombre de collaborateurs sur le terrain. Cela explique, dès juin 1934, la consécration à Toumodi des premiers catéchistes/évangélistes qui furent MM. Moïse N’DA Koumoin, Albert N’ZO et Paul TANOH YAO. Après l’échec de 1939 à Dimbokro, ce n’est en définitive le 19 avril 1944 que l’on pourra ouvrir à Bouaké l’école biblique en baoulé. Il en sera de même pour l’école primaire en Français qui bénéficia du soutien du pasteur George MABILLE (1909-1998) et du protestantisme français. Le 4 juillet 1950, la CMA va procéder à l’ouverture de l’école des filles de Béoumi.

En juillet 1951, dans le but d’une plus grande responsabilisation de l’Eglise, il fut organisé la première conférence. Le pasteur TIMYAN rend compte de cet événement en ces termes :

L’église baoulé a été organisée à Bouaké… les délégués laïques et serviteurs nationaux ont rencontré les missionnaires lors d’un premier rassemblement en son genre dans l’histoire de notre œuvre en Côte d’Ivoire. Les principes généraux d’autonomie ont été posés, en commençant avec un accent nouveau sur ce que nous avions enseigné pendant des années: l’organisation de l’assemblée locale avec un conseil d’anciens choisis d’après les normes du Nouveau Testament. C’était sur ceux-ci, celui qui serait nommé principal ancien que la responsabilité était tombée. Ainsi une plus grande équipe de direction représentant la tribu entière a été organisée dans la structure de la mission. C’était un grand jour lorsque la jeune église a choisi son premier comité et a assumé sa responsabilité légitime pour laquelle elle avait attendu si longtemps[1].

La deuxième conférence de l’Eglise se tiendra du 21 au 24 août 1952. Elle va procéder à la formation d’un comité exécutif de 12 membres (6 évangélistes et 6 laïques) qui pourra bénéficier une année plus tard, en 1953, de la publication de la première traduction du Nouveau Testament en baoulé. En 1955, la CMA disposait de sept stations missionnaires en pays baoulé :

L’évolution de l’Eglise protestante Evangélique CMA de 1958 à 1991

En 1959, l’Eglise Protestante Evangélique CMA de Côte d’Ivoire est déclarée autonome. Elle avait à sa tête un comité central élu pour quatre ans. Il était composé des pasteurs, des évangélistes et des anciens d’églises délégués de chaque district. Il élisait le président de l’Eglise pour un mandat de cinq ans renouvelables. Celui-ci préside le conseil d’administration dont le rôle est la prise des décisions concernant l’église, la consécration officielle des serviteurs de Dieu et leur affectation ainsi que l’acceptation des nouveaux candidats à l’école biblique. Dès le 24 janvier 1959, M. André YAO KOFFI est nommé directeur national de l’école protestante CMA. De toutes les conférences de l’église C.M.A. en pays baoulé, celle de 1960 est à nos yeux la plus importante. Elle figure en bonne place dans les annales de la CMA :

La conférence annuelle de l’église s’est tenue à Bouaké avec les représentants de 113 groupes. Ce fut quatre jours de discussion et de prière. Le dernier jour de la conférence deux hommes ont été ordonnés dans le ministère de la parole, et c’est le président de l’église qui a attribué les charges aux candidats. Le ministère(d’enseignement) du pasteur Richard HARVEY fut apprécié lors de cette conférence[1]

Les pasteurs consacrés en 1960 lors la 9e conférence sont Lazare KOUAME KOUASSI et Marcel DIAAH KOUASSI. Puis en 1961, le pasteur Barthélemy KOUASSI KOUASSI lors de la 10e conférence.

Après les camps primaires qui avaient lieu à partir de 1960 à Dimbokro, Bouaké et Bocanda, les aumôniers missionnaires que sont Fred POLDING, Alfred BOESENBERG, Donald YOUNG, Ron SOLVIG… vont s’intéresser à l’encadrement des collégiens dès 1965 qui marque aussi le début de l’Institut biblique de Yamoussoukro. En 1968, des Groupes Bibliques Collégiens (GBC) sont créés à Dimbokro, Béoumi et M’Bahiakro et sont animés par les pionniers comme Minikayou TRAORE, Timothée AKOMIAN, Kouassi ABO, Samuel OUATTARA, David NIAMKEY, Robert SAHI, Wisdom KOFFI…. Différents camps sont organisés à Dimbokro (1970), Korhogo (1971). En 1972, les anciens membres des GBC à Abidjan vont mettre en place un comité de soutien de la Jeunesse présidé par M. Emmanuel MARA. Le premier accord quinquennal entre l’Eglise et la Mission est signé en 1974. Le 2 novembre 1974, la Jeunesse Protestante du Centre (JPC) est créée grâce à l’élargissement de la vision des membres du comité de soutien de la Jeunesse. Le premier congrès qui marque la reconnaissance de la JPC par la direction de l’Eglise eut lieu à Bouaké du 28 au 30 juillet 1978. M. Emmanuel MARA (1948-1991) est élu président, poste qu’il va céder à M. Emmanuel BOSSON lors du 2e congrès (Bouaké, 15 et 16 août 1980). Le troisième congrès qui se tint à Bouaké du 14 au 16 juillet 1983. Il réfléchit sur les objectifs, les responsabilités et l’avenir du mouvement puis va élire un nouveau président en la personne de M. Moïse N’GUESSAN. Le 4e congrès (Bouaké, 26 au 28 juillet 1985) marque un tournant important avec une nouvelle appellation visible à travers le thème : La JEP/CMA au service de l’Eglise. M. Eliézer N’Goran est élu pour un mandat de 4 ans qui prend fin lors du 5e congrès à Yamoussoukro (13-15 mai 1989) dont le thème fut Jésus-Christ le modèle de serviteur.

Une des évolutions majeures de l’Eglise pendant cette période est son ouverture vers le Sud et l’Ouest.

  • 1979 : Abidjan
  • 1982 : Soubré
  • 1983: San Pédro et Divo
  • 1984: Daloa et Sinfra

Du 10 au 12 août 1990, l’Assemblée générale constitutive de l’Association des Femmes de l’Eglise CMA de Cote d’ivoire (AFECMACI) est organisée à Bouaké. Sa première présidente élue est Mme KOFFI Thérèse. Le 23 février 1991, Dr André KOUAKOU KOUADIO est élu président de l’Eglise lors de la 28e conférence à Bouaké. Son investiture aura pour cadre la fondation Félix Houphouët Boigny lors de la cérémonie d’ouverture de la quatrième conférence quadriennale de l’Union Mondiale de l’Alliance à Yamoussoukro du 21 au 28 juillet 1991.